Les Risques Majeurs

Pascal Martin a apporté son expertise technique et politique. Ancien colonel de sapeurs-pompiers professionnels, ancien maire de Montville, ancien président du département de la Seine-Maritime et sénateur, il a notamment participé à la commission d'enquête parlementaire sur la catastrophe de Lubrizol.

La culture du risque et la prévention

Le message principal à retenir est économique et humain : « 1 euro investi dans la prévention, c'est 7 à 8 euros économisés sur la réparation ». Ce calcul est aujourd’hui reconnu et incite à agir en amont.

Catastrophe de Lubrizol en 2019 : en accueil, une vidéo a été diffusée pour illustrer cette catastrophe industrielle qui, bien que sans victimes directes grâce à l'intervention des pompiers, a eu des conséquences économiques massives (agriculteurs touchés, écoles fermées). Le premier enseignement tiré est le manque de culture du risque au sein de la population.

Nouveaux risques : les feux de forêts ne concernent plus seulement le sud ou la période estivale, mais toute la France, de mars à novembre. Autre risque majeur, le retrait-gonflement des argiles représente un préjudice estimé à 8 milliards d'euros d'ici 2040.

Rôles et responsabilités

Le maire est le directeur des opérations de secours sur sa commune et officier de police judiciaire. Il doit avoir une posture active : il n’y a « pas de fatalité ».

L'organisation : le maire est conseillé par un officier sapeur-pompier. Si une crise ou un sinistre touche deux communes, le préfet prend la main.

Le Service Départemental d’Incendie et de Secours (SDIS 06) est un acteur clé avec 4 968 sapeurs-pompiers (dont 3 380 volontaires) et 106 339 interventions en 2024.

Cependant, il manque 50 000 sapeurs-pompiers volontaires en France. Nous avons échangé sur les moyens d’agir pour créer des vocations de pompiers volontaires et sur les autres actions à mettre en place.

Tranquillité et sécurité du quotidien

Dans cette partie de l’atelier, nous avons exploré les compétences municipales pour améliorer le bien-vivre en sécurité. La commune n'a pas de compétence judiciaire : elle agit par la prévention et par sa Police municipale.

L’échec de la création de la police intercommunale a été analysé. Plusieurs points d'attention subsistent : la nécessité d'évaluer l'effectif, désormais réduit à un seul agent (actuellement en arrêt de travail), l'équipement (caméras-piétons, véhicule, etc.) et la formation (gestion des conflits, violences intrafamiliales, infractions aux règles de l’urbanisme…). La commune voisine d’Aspremont a su résoudre ce problème en quelques mois et dépasser cet échec. Mais chez nous ? Aucune communication, et visiblement aucune perspective !

Le contexte environnant et l'analyse de la délinquance des villes voisines servent de points de vigilance. Chiffres clés : 20 % des arrestations sont liées à la drogue ; les infractions routières sont massives (36 automobilistes sanctionnés par jour à Nice). La question est donc : comment éviter que cette délinquance ne se reporte sur Castagniers ?

Surveillance par les caméras

La question de la vidéoprotection est posée (zones à risque, vidéoverbalisation, éthique). En l’état, rien n’est satisfaisant : matériel en panne ou obsolète, absence de matériel autonome mobile. Les participants sont unanimes : pour lutter contre les cambriolages et la délinquance, les citoyens honnêtes n’ont rien à craindre de la vidéoprotection. Là aussi, nous intégrerons dans notre programme des engagements très concrets.

Sécurité routière et aménagements

À travers la métropole, la commune dispose de compétences en matière d’aménagements. Les échanges ont fait émerger un fort consensus autour d’actions attendues : zones 30, sécurisation des abords des écoles, éclairage et feux intelligents, tronçons de pistes cyclables… De même, la prévention doit jouer pleinement son rôle avec des contrôles de vitesse et des actions de sensibilisation en milieu scolaire.

Travail en groupes et constats

Les discussions en groupes ont permis de faire émerger des problématiques concrètes et des solutions. Les participants ont identifié les menaces spécifiques au territoire et fait le constat d'un manque d'information et de pédagogie, ainsi qu’un besoin de suivi des demandes.

Le sentiment d'insécurité, la volonté de ne « pas être impuissant » face aux cambriolages et le manque de communication sur les événements sécuritaires sont évoqués.

Pour des moyens humains: nécessité affirmée d'une Police municipale ou d'un garde champêtre. Les groupes ont formulé des propositions, des pistes d'actions et des solutions concrètes en matière de participation citoyenne, de surveillance technique et d’infrastructures.

Notre démarche suscite beaucoup d'intérêt, puisque l’adjoint à la sécurité est venu écouter une partie de nos échanges.

Un plan d'action stratégique « Sécurité et Risques », construit à partir des priorités identifiées lors de l'atelier et des recommandations de l'expert, est déjà élaboré. Nous le compléterons et l’ajouterons au projet « Castagniers avec vous ».